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Le métro, ça pue…

Moi, depuis quelques semaines, je suis redevenu un usager du métro parisien. C'est pas très marrant, mais c'est comme ça. Aujourd'hui, dans la ligne 1, j'ai pu me rendre compte des dangers de la rame unique. Un mec en total style pirate-loser (anneau à l'oreille, bandana attaché en fichu sur la tête, t-shirt et jean moulax sur grosses rangers) est entré en tête de rame. Les fenêtres ouvertes faisant entrer un tourbillon d'air, qui, après être passé par les dessous de bras de monsieur (il se tenait comme un connard, en Y de YMCA), venait titiller les narines de toute la rame. C'est comme ça qu'un abruti au style douteux et visiblement peu porté sur le déodorant (et sur la douche) a gâché le début de journée d'une centaine de voyageurs.

Sinon, dans mon nouveau chez moi (qui a été trouvé de Particuliers à Particuliers, qui est tout neuf et qui fait un peu plus de 50 mètres carrés), il y a une terrasse et on se sent plutôt bien. Katoussa et moi on est content, mais on le sera sûrement plus quand on pourra faire cuire nos aliments (il me faut pour cela dégotter une cuisinière au plus vite).

Ce week-end, on est allé marier Aurélie et Maxence à l'Hippodrome de Deauville. C'était sympa, c'était beau, c'était pittoresque, et non, Maxence et Aurélie ne sont pas des chevaux de course.

Deauville, un dimanche ensoleillé, c'est un des endroits les plus atroces qu'il m'ait été donné de visiter. Les gens sont beaux, les voitures sont chères, le bout de sable est payant, et tout ça pue la suffisance et l'arrivisme. C'est à celui qui commandera le plus grand plateau de fruits de mer qu'il ne mangera même pas parce que ses bulots cuisent au soleil depuis 2 heures. J'y retrouve le même malaise que lors de quelques passages éclairs à Saint-Tropez: on peut y admirer les même specimen de cobayes aux expériences des nouvelles générations de botox, les même faces liftées en un rictus figé, les mêmes peaux flétries par l'abus d'UV et ces couples qui ont l'air tellement blasés de leurs vies qu'ils en deviennent blasés l'un de l'autre. A la table d'à côté du Bar du Soleil, sur les planches, deux jeunes hommes et leur pétasses aux seins refait pré-majorité parlent fort dans leur téléphone en affirmant à leur interlocuteur et au reste de la terrasse:

"Je t'avais dit qu'elle était naze cette dope, la prochaine fois, t'appelles un autre mec!"

Je suis heureux de le savoir, tout comme le père du gamin de 5 ans de la table d'à côté qui se penche vers lui pour lui demander "Papa, c'est quoi de la dope?". A 5 ans, en vacances à Deauville, je rêvais de gauffres à la crème de marron, pas d'une bouteille aux Planches.

La surenchère et l'étalage ont tendance à me crisper.

Le parcours du combattant

Chaque fois que j'ouvre Firefox, je tombe sur Jolikiwi… C'est ma page de garde. Tous les jours, je vois la même page, et l'article en une qui ne change pas. Ca me fait culpabiliser. Je ne te dois rien, mais ça ne m'empêche pas de me dire que j'abuse, un peu quand-même. Le problème, c'est que ces 2 dernières semaines et 6 jours (sic) de silence radio se sont passées entre les charettes sur 25 trucs en même temps, les visites d'appart', les attentes de réponses, les déceptions, la guerre des dossiers, des feuilles d'imposition et ta gueule toi avec ton meublé pourrave décoré avec le cul et tes pochoirs mauves infâmes sur mur blanc. Et toi et ta salle de bain/toilettes sans cloison sur la chambre, genre

- "Chérie, tu me passes le pécul?"
– "Oh ben non alors, je suis déja couchée."
– "Fais un effort, t'as juste à tendre le bras…".

Et puis il y a les agents qui te regardent avec un air pincé en te disant "C'est un peu juste" alors que tes fiches de salaire cumulées représentent plus de 3 fois le loyer. Parce que c'est bien connu, quand tu gagnes 6000 euros à deux à Paris, tu as très envie d'aller habiter un 50m2 Porte de Clichy à 1400 euros par mois. Les mecs se foutent de la gueule du monde.

De temps en temps, tu tombes sur des gens sympas et réalistes (comme l'agence de laquelle on attend une réponse, rue Oberkampf), mais la plupart du temps, chercher un appart' dans la capitale, c'est la croix et la bannière. Les visites à 20 à la fois, les mecs qui se bousculent pour faire un mot d'esprit au propriétaire, tout ça pour un deux pièce pourri en rez-de-chaussée.

Alors oui, ces dernières semaines entre cartons, visites, boulot et formalités administratives m'ont tenu loin des lignes de ce blog, mais ce n'est pas non plus parti pour franchement s'arranger, parce que suite à ça viendront cartons, camions, déménagement, travaux et installation… Et puis vous parler de la couleur qu'on a choisit pour les murs de la cuisine, je ne suis pas sûr que ce soit franchement indispensable… En même temps, je dis ça…

Et maintenant, chers lecteurs, une courte page de publicité

La musique électro, c'est bien.

Si, si, j'te jure. Il n'y a pas que le rock dans la vie. Il y a la musette aussi. Et l'électro.

Le truc, c'est contrairement à ce que voudraient nous faire croire NRJ, Radio FG et Virgin 17, l'électro, de nos jours, ce n'est pas que Bob sinclar, Martin Solveig, David Guetta et toute la soupe tecktoniko-house qui dégouline de partout avec ses coiffures pas possibles et ses slims portés au niveau des genoux (Parce que, vraiment, j'attends un décret pour que tout ça, musique et style, soient passible de prison) . Ce n'est pas que Daft Punk, Justice, et les gentils messieurs de chez Ed Bangers ou les petits cons de chez Fluo Kids (même si, ça, c'est très bien quand-même). C'est aussi les vieux de la vieille, les Ivan Smagghe, Chloé, et la smala du Pulp et du Rex, les pas si vieux qui nous font bonheur dans les oreilles, comme Miss Kittin, Adult, The Hacker, et aussi les autres que je ne connais pas encore, parce qu'en vrai, la scène électro, je suis pas vraiment au courant.

Mais bon, dans cette dernière partie de la population, mon pote Romain, connu pour ses étoiles, vient de créer un label tout à fait sympathique (si le mot "sympathique" peu s'appliquer à sa musique). Le label s'appelle Meant, et il l'a monté avec son acolyte Siskid qui porte les T-shirts de Heavy Metal de son grand oncle comme personne. Sous le nom de Remain, mon pote vient de signer ses deux premiers titres, DEPENDANCE et IGNORANCE, et en vrai, c'est très très bien.

Ça s'écoute sur son Myspace et ça s'entend, au plus tard, le 19 Avril à la BLOW au Paris Paris, avec moi un peu au début, mais ça, on en parlera le temps venu, parce que ce n'est pas le sujet aujourd'hui.

C’est trois frères dans un train…

Le nouveau Wes Anderson est un petit bijou. Parfois inégal, il n'en perd pas une sincérité du propos qui renverse toute critique sur son passage. Le trio d'acteurs Wilson-Brody-Schwartzman marche à merveille, tout comme le trés bon Hotel Chevalier (court-métrage créé comme une "prequel" au Darjeeling Limited, projeté juste avant le film en France). Alors soit, ce n'est pas du niveau des Tenenbaum, mais c'est bien mieux que The Life Aquatic. Je rejoins de plus en plus l'avis d'un ami au sujet de Michel Gondry, et j'aurais tendance à l'appliquer à la filmo de Wes Anderson: on dirait que les deux ont claqué leur chef-d'oeuvre (Gondry avec "Eternal Sunshine" et Anderson avec "The Royal Tenenbaum"), et que depuis, et bien, ils essaient de donner le change en se cantonnant à leur styles reconnaissables parmi milles et qui a fait le succès de l'opus en question, sans jamais réussir à recréer l'alchimie qui a séparé ces oeuvres de la majorité de bons films en les menant à un niveau supérieur… Celui du chef-d'oeuvres.

Hier, à la soirée qui a suivi l'avant-première, au Lup', Sofia Coppola était souriante, son mec, un peu moins, et Roman Coppola avait l'air bien parti pour prendre la digne succesion de son père niveau surpoids. Sur les tables autour desquelles l'équipe du film est assise, il y a des plats des petits fours et autres mets épicés que des serveurs proposent à tous les invités. Je me penche entre Wes Anderson et une jolie mannequin pour me servir d'une brochette de crevette et, mâchant la première, me fait alpaguer par une serveuse, le visage fermé:

"- Il ne faut pas piquer dans ces assiettes monsieur, c'est la table VIP!"
"- Ah, alors, si c'est la table VIP, je vais reposer ma brochette…"

Je fais le geste de reposer la brochette à moitié mangée dans le plat quand la serveuse m'arrête. "Non, mais juste, ne recommencez pas". Je fais les grands yeux en laissant passer un "Woooouuuuuh" de pseudo-peur. Mais je n'ai pas retouché aux plats VIP pour autant…

Six Feet Under

La semaine dernière, on a enterré la vie de garçon d'un vieil ami. Il est grand, il est roux, mais néanmoins très sympathique. Quoi qu'il en soit, l'ami en question (Que nous appellerons Cyprien pour des causes évidentes de respect de l'anonymat) est à ses heures perdues cataphile. Ce qui ne veut pas dire qu'il est friand de catastrophes, ni de catamaran (si c'était le cas, ce ne serait pas un ami), mais du réseau sous-terrain de la ville de Paris. Donc, pour son enterrement de vie de garçon, une descente dans les catacombes s'est vite imposée comme une évidence. Faire ça dans un lieu pas trop passant et entre nous ne me déplaisait pas trop, parcequ'en même temps, trimballer un pote déguisé en vache à Saint-Michel et lui donner des gages idiots en chantant des chansons paillardes, très peu pour moi.

Le problème majeur qui s'est posé lors de l'organisation de cette soirée, c'est que moi, en vrai, même si je n'aime pas trop m'en vanter, je suis un peu claustro. L'ascenseur de chez moi plus de 5 minutes, c'est déjà un problème, alors 8 heures passées à 30 mètres sous terre, sur le papier, c'est pas ma définition d'une soirée réussie.

Après avoir passé quelques barrières et marché une vingtaine de minutes sur les voies-ferrées désaffectées de la Petite Ceinture, nous nous sommes retrouvés devant ça. Un trou dans le sol et un boyau d'un mètre de large derrière sur quelques mètres. Ensuite, c'est des tunnels par centaines, 285 kilomètres de sous-terrains, de l'eau jusqu'aux cuisses, des salles de partout, aménagées ou non, des fresques, d'autres groupes croisés et recroisés, Sanglier, un de mes chefs de troupe scout de quand j'avais 10 ans et que j'étais Eclaireur de France (on ne rigole pas). Alors c'est dépaysant, c'est marrant, c'est sportif, c'est original, mais c'est pas non plus le top pour un premier "date". Et puis c'est exactement le genre de situations dans lesquelles on apprend à apprécier les choses simples (un café au réchaud après 4 heures de marche).

C'est toujours un plaisir de s'étonner soit-même: Je pensais que ça allait être une galère sans nom et un moment très désagréable à passer: c'était tout le contraire… Quoi qu'il en soit, pour les deux trois malades mentaux que ça intéresserait, ne pas descendre seul ou juste entre novices, sauf si le but de votre sortie est de vous perdre tout au bout d'un tunnel noir et humide, ou de tomber dans un grand trou. Des volontaires?

Grandis un peu, merde!

Toi tu vas être papa. Toi, tu attends ton deuxième marmot, et vous vous allez vous marier les uns après les autres dés que les beaux jours arriveront. Vous allez faire le Domino's Day des têtes de célibataires qui tombent, la queue-leu-leu devant l'autel ou le maire. Pendant trois mois, il va falloir que j'aille foutre mon costard au pressing tous les lundis pour le récupérer tous les vendredis avant de prendre un train, une voiture ou un avion pour venir vous voir vous dire "oui" à l'autre bout de la France. J'ai compté: entre les billets d'avion, les chambres d'hôtel, les frais de pressing, les cravates à renouveler et les cadeaux, mon budget vacances va passer dans tous mes mariages de l'été.

Ne te méprends pas: Je ne manquerais tes noces pour rien au monde. Vraiment. Mais à la perspective de ce marathon de discours ratés, de voisins de table imposés et de week-ends phagocytés, j'ai les jambes qui tremblent un peu. C'est troublant de vous voir vous passer la bague au doigt avant de vous retourner vers vos vies actives et productives, vos appartements achetés ensembles et déja ce contrat assurance-vie qui vous lie, les ovules prêtes à vous fournir en descendance. J'ai beau avoir levé le pied sur les sorties perpétuelles et le levé à 12h30 un mardi, j'ai beau être au bureau dés 10h tous les matins (parfois même 9h30!) et donner tout ce que j'ai à donner pour me construire une vraie vie en vrai de vrai, je ne me sens pourtant pas papa ou mari. Il m'arrive encore de penser "quand je serai grand…" et de me retourner pour voir s'il y a quelqu'un derrière moi quand on m'appelle "monsieur". A 27 ans bien tassés, ça commence à poser problème.

Et pourtant, je serai à ton mariage, au tien, et au tien aussi. Et pourtant, je jouerai avec ton fils ou ta fille et je ne tiquerai pas quand tu lui diras, hilare "Regarde qui est venu te voir, c'est tonton Sened!".

Parce qu'il est temps que je grandisse un peu, merde…

Comment je suis devenu un vieux croûton…

Un article toutes les semaines. Et encore. Quand je me replonge dans les archives de Joli Kiwi, je me rends compte que le temps où un nouvel article apparaissait tous les jours sur la page rose et grise est bien lointain.

Je ne suis pas devenu chiant. Je ne suis pas devenu sinistre. Je l'ai toujours été. Je cache juste ça derrière une façade de jovialité et d'humour dévastateur. C'est ce que certains aimeraient m'entendre dire, mais, là encore, ce n'est pas tout à fait le cas.

Le processus qui me fait devenir de plus en plus rare (mais sans jamais vraiment disparaître), est le même que celui qui me pousse à de moins en moins en moins blanchir mes nuits dans les sous-sols fiévreux et maintenant non-fumeurs de la capitale. Et s'il te faut une explication parce qu'en lisant ces quelques lignes plus ou moins régulières tu t'imagines que je fais maintenant partie de ta vie et toi de la mienne, et si, même, tu trouves que ce serait la moindre des choses, merde, tu es un fidèle lecteur, toi, et bien je vais t'en donner une. Plusieurs même. Puisqu'à vouloir devenir public je me mets dans cette situation désagréable et fastidieuse: devoir me justifier. Je pensais que les messages pleins de reproches parce qu'on ne donnait pas de nouvelles étaient le seul apanage de ma mère, je me rends aujourd'hui compte que je dois les mêmes choses à mon lectorat. En tout cas, c'est ce que tu as l'air de penser.

Il y a plusieurs facteurs qu'il faut que tu prennes en compte pour avoir une vision objective de la situation:

  • Il y a 6 mois, je travaillais 4 soirs par semaine dans un restaurant à la clientèle et à l'équipe relativement festive. Je sortais systématiquement en fin de service noyer ma frustration de la soirée à servir des salades de roquette à des pétasses surmaquillées et odieuses que je retrouverai quelques semaines plus tard à l'autel, pleurant sous une dentelle blanche au bonheur de se faire passer une bague au doigt (Caroline, je ne parle pas de toi;-)).


  • Il y a 6 mois, cette frustration, je la submergeais de Vodka-Tonic au bar du Baron ou sur la piste noire du PP. Je l'étouffais, comme ma fatigue, dans quelques éventuelles lignes blanches, et je rentrais chez moi, ivre et les mâchoires serrées, seul où mal accompagné, et je ne bandais qu'une fois sur deux.


  • Il y a 6 mois, il faisait beau sur Paris, nous étions en T-Shirt Deep V et rien ne semblait pouvoir nous atteindre. Des euros roulés plein les poches, un casque sur la tête, de Palais-Royal à L'Avenue Marceau, aux quais du Canal Saint-Martin en passant par les terrasses bondées de Saint-Germain. Le vin Blanc était frais et les bouteilles perlaient. Nous étions insouciants et j'étais aveugle à la vacuité de tout cela.


  • Il y a 6 mois, je me persuadais que si je ne passais pas une seule soirée chez moi, que si je n'avais aucune envie de rentrer me coucher, c'était parce que je vivais une vie passionnante peuplée de gens sympathiques et tout aussi passionnants. Il y a 6 mois, je ne me rendais pas compte que la seule raison à tout cela, c'était la peur de me retrouver seul face à moi même.


  • Il y a 6 mois, je pouvais me lever tous les jours à 12h30 et les quelques-uns où j'étais de service le midi passaient dans un semi-coma brumeux. Je n'avais pas d'autre responsabilité que d'attendre le cul posé sur un tabouret de bar que la vie veuille bien un peu s'occuper de moi.


Mais nous ne sommes plus en Août: il fait 2°, je ne vois plus trés bien l'intérêt d'aller me la coller au Truskel jusqu'à pas d'heures, j'ai des projets, des envies, du travail. Alors oui, j'ai aussi une copine, et oui, ma vie est sûrement moins rocambolesque qu'il y a 6 mois, mais d'une part, je ne vois pas en quoi cela est un mal, et de l'autre, sincérement, à savoir si je préfère noyer mon insatisfaction dans les sorties et la superficialité de tout ces rapports et te faire plaisir, toi, lecteur de ce blog, en te servant tous les jours le lot de bizarreries enflammées et flamboyantes dont j'ai parfois pu faire l'expérience ou avoir ma vie relativement plus rangée d'aujourd'hui, je pense que tu conviendras, tout comme moi, que le choix est assez simple.

J'aime bien ma vie, là... Comme elle est pour l'instant, je la chérie. Le printemps reviendra, les envies aussi, les évènements dignes d'être contés sur ces pages aussi, mais pour l'instant, je me tiens à ne venir ici que quand j'en ai envie. Il se trouve que ces temps-ci, c'est une fois par semaine.

Deal With It.

Je pourrais tomber dans le sensationnel et te dire que je te jouis à la gueule, mais je te respecte trop pour ça. Je te propose d'en faire de même avec moi.

Je t'aime lecteur. Je t'aime lectrice. Joli Kiwi n'est pas mort, tu en as la preuve sous les yeux…

Et…

Il est presque 4 heures du mat'.

Et on est Dimanche et demain c'est Lundi et la semaine commence et ma copine m'a refilé son insomnie et je viens de me taper 6 épisodes de suite de How I Met Your Mother et mes paupières sont lourdes mais je me rends compte que je n'ai pas écrit depuis le concert d'Iron & Wine et il est hors de question que les prédictions de Hell se réalisent et hier Angela m'a dit qu'elle lisait régulièrement Joli Kiwi et ça m'a flatté et ça m'a rappelé que je délaissais un peu ma tribune ces temps-ci et j'ai passé mon Vendredi à traduire les anecdotes d'enregistrements de la "star de la folk française" (dixit le Parisien) et sa manager est une des personnes les plus odieuses qu'il m'ait été donné de croiser et j'ai vu Smiley Face et 4 Minutes ce week-end et leur point commun c'est la décéption qu'ils m'ont tous les deux apportés et demain je garde Zeus, le chien de la copine de mon frère et ça me fait plaisir parce qu'en vrai, il n'est pas débile, il fait juste ça pour amuser la galerie. En vrai, Zeus, il a un Doctorat en Lettres Modernes et il a une chaire de recherche à la Sorbonne dont le sujet est " Corrélations entre l'utilisation d'alexandrins et les croyances politiques chez les poètes Gascons du XVIIè siècle". Mais ça ne l'empêche pas d'être un réel bout-en-train et d'organiser les teufs en appart les plus oufs de Paname (la dernière fois, s'y est improvisé un boeuf avec Pete Doherty au chant, Paul Simonon à la basse et Jean-Paul Hendrix (le neveu caché de Jimmy) à la guitare1). Ce qui veut dire que j'aurai un chien, un docteur en lettres et un party-maker d'anthologie en une seule et même entitée consommatrice de Royal Canin.

Now how cool is that.

Il faut vraiment que je dorme, j'ai tendance à partir trop loin dans l'humour absurde en cas de privation de sommeil prolongée.


  1. Il y avait du Banga et des Tuc au Tarama aussi

I swear to god there’s a reason…

I swear to god there's a good reason for writing this post in english. One of them is that I'm a total show-off and never miss an opportunity to advertise my proficiency in the language. It makes the women wet (at least, that's what i've been told by a few of them) and… Well… It's a good enough reason. Plus, I realized that a few of the blogs redirecting to Joli Kiwi are from England or the States, so I figured, let's give those hamburger-eatin', Elton John lovin' people something to chew on, for once.

The last and utmost reason for my switch from french on this precise post, is that the Lady and I went and saw Iron and Wine playing live at the Divan du Monde yesterday night. And I realized that Sam Beam's music is so american to its core that the only way to speak of it is in english. The fact that the venue was packed with a 90% american crowd was another tip. The people looking for tickets at the door (the show had been sold out for several weeks) where reminding me of the Flight-Of-The-Conchords-Lovers-Veggie-Eating-Hipsters that I lived around in Montreal and that seem to have recently taken over the world. Inside, the tables on the mezzanine where already taken, so we waited in the pit for the of the show to begin, only a few meters away from the stage. Eleni Mandell was opening and won over the audience with her broken french and a cover of "Un petit coin de parapluie" by Georges Brassens. It wasn't before 9.10pm (a good 2 hours after the show was scheduled to begin) that Sam Beam, his sisterSarah, and the rest of the band took over the stage. And when I say "took over", I mean it litterally… For the 8 of them, Divan Du Monde's space might have felt a little cramped.

Now, I have to say that Iron & Wine's music have always made me super emotional. I've been listening to Jezebel, Woman King, Upward Over The Moutains, Postal Service's Such Great Heights cover and Sodom, South Georgia for years now, and those songs still seem to kind of reach through my throat all the way down to my guts and twist them over and over and over again. Just listening to the chords strung and Sam's heart-wrenching singing summons the tears faster than a cop can gulp down a doughnut and coffee. Sam and Sarah began with the Trapeze Swinger and that was it. The Lady was in front of me, facing the stage, so she didn't see the wetness taking hold of my cheeks as the song climaxed in the hummed few last verses.

The music changed radically as the other musicians where set loose. Songs took a new and never-heard-before turn, where mixed together, mashed up in a joyous and perfectly mastered whirlwind of genres, from folk to soul to rock to dub to folk again…

Over the past few years I've seen my share of live acts. Some have been good, others painfully disappointing. The sheer excitement of being surprised by something you already know by heart is what is supposed to make the live experience worth anything else. Yesterday night, as I listened to those tunes, lip-synching most of them in recollection, raptured by what I was hearing and seeing on stage, I realized that, right then, in the universality that he had given to a crowd from all over the world, united in a few songs, Sam Beam had delivered like few others this said experience.

Ouais ben moi non plus, je ferais pas le malin à ta place…

Parce qu'avec ta prestation d'hier, Pete, je suis désolé de te le dire aussi froidement et sans ambages, mais tu as atteints des sommets de médiocrité. Alors, je sais, tu es rock, tu fumes sur scène, tu bois des gorgées de Stella Artois que tu craches sur les premiers rangs de ton public, conquis. Tu as cassé deux micros hier. Tu m'as aussi cassé le moral. Tu m'as frustré. Tu t'es un peu foutu de notre gueule en t'arrêtant au milieu des trois premiers morceaux que vous avez joué parce que tu n'entendais pas assez la basse ou que ta voix était étouffée dans les medium. En même temps, si tu étais venu faire la balance l'après-midi comme tout artiste un tant soit peu professionnel, ce genre de déconvenue ne te serait pas arrivé.

Tu avais l'air las, toi et tes comparses des Babyshambles, hier, sur la scène de l'Olympia. Tu avais l'air de te faire chier alors que tu jouais dans une des salles les plus légendaires de l'histoire du rock. Tu avais l'air pressé d'en finir alors que la horde de gamines et de gamins en jeans trés trés slims et perfectos qui se pressaient contre ta scène auraient donné leurs caleçons et soutif pour toi (ce qu'ils ont d'ailleurs fait). C'est l'avantage d'un concert des Babyshambles, comparé à une scène des Queens Of The Stone Age ou d'un Deftones: c'est beaucoup plus facile de faire slammer une brindille de 16 piges et 45 kilos qu'un rocker de 50 ans et son mètre 90.

Tu t'es un peu foutu de notre gueule, surtout, parce que tu nous a montré de quoi tu étais capable en finissant sur un explosif Fuck Forever habité, là où pour le reste, tu nous avais servi coquille vide sur coquille vide. Tu t'es même offert le le luxe d'arriver plus ou moins à l'heure et d'être faux sur une ou deux chansons. Dimanche, à Lille, tous les gens présents m'ont dit que vous aviez eu l'énergie de votre dernière chanson sur tout le concert. Que c'était dingue. Incroyable. Un pur moment de rock'n'roll.

Alors qu'hier, tu n'as même pas attendu que les derniers accords de Fuck Forever ne s'éteignent sous les hurlements de ton public pour remettre ta veste et ton chapeau et sortir de scène, sans plus d'un vague geste en arrière pour le millier d'inconditionnels venus te voir.

Pourquoi nous montrer l'étendue de ton talent sur les 5 dernières minutes du concert si c'est pour nous en priver pendant tout le reste? Quel est le problème? Tu n'aimes pas Paris? C'est ça?